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Macérât huileux de plantes : comment faire?

Written by on July 3, 2017

Voici un texte explicatif qui vous guidera très précisément dans la réalisation de vos macérats huileux, avec la présentation de différentes méthodes. Il provient du site internet de Christophe Bernard, herboriste, que voici :  https://www.altheaprovence.com

Pour ma part, c’est un mode d’extraction que j’affectionne particulièrement car il est très simple et donne de très beaux résultats, c’est une joie de collectionner toutes ces petits bouteilles d’huiles aux couleurs différentes. L’application sur la peau est bien agréable et offre une merveilleuse occasion de prendre soin de soi à tous les niveaux!

De mon côté cette année, j’ai décidé de réaliser des macérats de calendula (un grand adoucissant réparateur et apaisant pour tous types de peaux) que je cultive à la ferme en bonne quantité, d’arnica pour les bosses et coups en tous genres, de millepertuis pour la bonne humeur, les brûlures, coupures et coups de soleils, de carotte (racines) et de carotte sauvage (graines) pour ses propriétés assouplissantes et régénerantes et sa préparation de la peau à l’exposition solaire, et d’achillée millefeuilles pour ses remarquables propriétés cicatrisantes pour les coupures et plaies, bien utile à la ferme 🙂

Bonnes préparations!

La macération huileuse

Le choix de l’huile

• Les huiles polyinsaturées : huile de colza, de germes de blé, de maïs, de tournesol, de soja, de noix, “isio 4” et autres mélanges sont à éviter pour les macérats huileux. Elles vont rancir relativement vite. Certes, on peut les stabiliser aux huiles essentielles (voir chapitre à ce sujet plus loin). Mais pourquoi ne pas choisir une huile stable à l’origine ?

• Les huiles monoinsaturées : huile d’olive principalement sont stables à température ambiante et s’oxydent très peu. Elles s’oxydent si on les chauffe à des températures trop hautes.
• Les huiles saturées : huile de noix de coco, beurre clarifié, saindoux, beurre de cacao,  sont plus dures à travailler car elles sont souvent figées à température ambiante. Par contre, elles ont une stabilité totale.
Le bon compromis : les huiles monoinsaturées, l’huile d’olive en particulier est la reine pour tout macérat huileux.
Il vaut mieux acheter une huile première pression à froid, et une huile bio. Bio parce que les produits chimiques et pesticides sont liposolubles, c’est-à-dire qu’ils se dissolvent dans les lipides. L’huile étant un lipide, elle aura la capacité de stocker une énorme quantité de produits chimiques indésirables. Mieux vaut bien choisir son huile.
L’huile d’olive va rester stable pendant 2 ans ou plus, ceci sans ajout d’huiles essentielles ou autres conservateurs. Il faudra par contre prendre vos précautions et stocker vos huiles dans un endroit qui reste frais et à l’abri de la lumière.
Si vous désirez utiliser une autre huile, je vous conseille de considérer sa stabilité avant toute chose. Ensuite, certains autres paramètres seront important, et dépendent des goûts du préparateur et de l’utilisateur :
• La viscosité du corps gras. Le beurre de cacao est stable mais solide à température ambiante. L’huile d’olive est fluide. Plusieurs corps gras peuvent être mélangés ensemble afin d’en modifier la viscosité.
• La pénétration et la sensation sur la peau. Certaines huiles pénètrent mieux que d’autres, ou laissent une sensation plus agréable.
La seule façon de développer vos préférences : l’expérimentation !

Préparation de la plante

Tout macérat huileux se fait à partir de la plante sèche.
Il est impératif de bien faire sécher la plante auparavant, car tout reste d’humidité peut entraîner une fermentation de l’huile, qui fera au long terme rancir le macérat. Et pour certaines parties de plante, ceci n’est pas aussi simple que l’on pourrait l’imaginer.
Les parties les plus problématiques sont souvent les boutons de fleurs, car ils regorgent d’humidité. Prenons pour exemple le millepertuis, qui nécessite la cueillette d’une partie des fleurs en boutons. Les feuilles et fleurs ouvertes vont sécher relativement rapidement, donnant l’impression que la plante est prête à mettre en macérat huileux.
Les boutons par contre sont souvent encore humides. Il faut faire le test suivant : presser le bouton entre ses doigts. Si le bouton n’est pas sec et ne s’effrite pas, la plante n’est pas encore prête. Retournez bien vos plantes plusieurs fois sur vos bacs de séchage, ou si vous les suspendez assurez-vous qu’elles ne soient pas trop serrées, ou que le bouquet ne soit pas trop gros. L’air doit bien circuler autour des différentes parties de la plante. Parfois, une récolte peut être infestée de petites chenilles, qui elles même contiennent beaucoup d’humidité. Les mettre dans le macérat huileux est problématique.

Macération simple

Le premier processus de macération consiste à mélanger la plante sèche directement à l’huile d’olive. Nous verrons dans les chapitres suivants des procédés un peu plus complexes mais parfois nécessaires pour maximiser l’extraction.
• Placez la plante bien séchée dans un bocal (que vous laisserez ouvert pendant la macération) ;
• Recouvrez la plante d’huile d’olive bio première pression à froid ;
• Placez un morceau de tissu ou de papier sulfurisé sur le dessus du bocal que vous faites tenir avec un élastique ;
◦ Il ne faut pas fermer le bocal. L’huile doit respirer car il reste toujours un peu d’humidité dans la plante, et nous voulons nous assurer que l’humidité puisse s’échapper du bocal.
• Vérifiez le niveau d’huile le lendemain. Certaines plantes vont absorber beaucoup d’huile, d’autres non. S’il n’y a plus assez d’huile pour recouvrir la plante, en rajouter. Notez bien que parfois la plante flotte et l’huile se retrouve sous la plante (ce qui ne veut pas dire qu’il manque de l’huile nécessairement) ;
• Mettez le bocal dans un sac en papier épais qui ne laisse pas passer de lumière, et placer le tout devant une fenêtre qui reçoit le soleil, ou dehors à un endroit qui reçoit le soleil plusieurs heures par jour.
◦ Placer un macérat huileux au soleil sans la protection du sac est pour moi une erreur, car nous savons aujourd’hui que les UVs du soleil détruisent énormément de composants actifs de la plante. Ces composants sont très fragiles. De plus, avec le soleil, l’huile du macérat va s’oxyder plus vite.
• Remuez le mélange de temps en temps ;
• Laissez macérer pendant au moins un mois, plus si vous le désirez ;
• Placez un morceau de coton ou de tissu non coloré sur un saladier en verre (vous verrez pourquoi en verre par la suite), assurez vous que le coton recouvre bien les parois du saladier ;
• Versez le mélange plante + huile dans le saladier sur le tissu ;
• Ramenez les coins du tissu pour former un baluchon contenant le mélange, puis commencez à presser gentiment le mélange au travers du tissu avec vos mains. Prenez votre temps, et essorez par torsion le tissu rempli du mélange, comme lorsqu’on essore un torchon trempé à la main.
◦ Notez que les presses hydrauliques ou mécaniques ne feront pas un bon travail, et risquent d’extraire des petites poches d’humidité qui restent coincées dans la plante sèche, ce qui fera tourner l’huile. Mieux vaut les laisser emprisonnées dans la plante, s’il y en a.
• Laissez décanter une journée. Regardez au travers du saladier en verre, au fond du saladier, afin de voir si de l’eau s’est séparée de l’huile. S’il y en a une couche, vous le verrez vite, et il faudra l’éliminer. Le mieux sera de récupérer l’huile uniquement par le dessus, à l’aide d’une louche. Attention de ne pas trop faire remuer la couche d’eau. Vous pouvez aussi la siphonner à l’aide d’un petite tuyau.
• Mettez en bouteille et étiquetez avec le nom de la plante et la date.
• Conservez dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière.

Macération à température contrôlée

La température favorise une meilleure extraction. L’huile doit être chaude, mais pas trop chaude. Dans l’idéal, il faut garder l’huile entre 38°C et 40°C, pas plus chaud.
Pour accomplir ceci, j’utilise un auto-cuiseur sur lequel j’ai rajouté un rhéostat sur le fil d’alimentation. Un auto-cuiseur normal chauffe trop, même au réglage le plus bas. Vous pouvez aussi vous procurer une rallonge qui inclue un rhéostat pour réduire l’arrivée d’électricité. Certaines personnes utilisent aussi une yaourtière, qui chauffe à basse température et semble produire d’excellentes huiles. J’utilise un thermomètre à sonde, la sonde restant constamment immergée dans l’huile et me permettant de garder mon macérat huileux entre 38°C et 40°C. Je place mon autocuiseur dans un coin de ma salle de travail, et je laisse macérer pendant 7 à 10 jours, en vérifiant plusieurs fois par jour que la température se soit bien stabilisée au niveau voulu. Je ne couvre jamais le cuiseur afin de laisser l’humidité s’évaporer. Par contre, pour éviter que de la poussière ne se dépose sur mon huile, je place un morceau de coton au dessus du récipient du cuiseur.

Au bout de 7 à 10 jours de cette macération lente, je suis la méthode de pressage décrite dans le chapitre précédent, puis décantation et mise en bouteille.

Macération avec intermédiaire alcoolique

Lorsqu’on réfléchit à l’extraction d’un point de vue chimique, on s’aperçoit très vite que l’huile n’est pas le meilleur des solvants. L’huile n’extraira que très peu les résines par exemple.
Pour optimiser l’extraction, on peut utiliser un solvant intermédiaire qui est l’alcool pur. C’est une méthode que j’ai souvent utilisée lorsque j’exerçais aux Etats-Unis vu que je pouvais me procurer de l’alcool à 96° dans le commerce. En France, ceci n’est pas possible. Mais je vous expose tout de même la méthode ici, car elle a fait ses preuves et était utilisée par les pharmaciens du siècle dernier pour préparer de très bonnes huiles.
Pour information, voici une liste de plantes pour laquelle cette méthode sera particulièrement efficace :
Achillea millefolium
Arnica spp
Calendula officinalis
Commiphora myrrha
Cupressus
Echinacea
Geranium
Grindelia
Juglans
Matricaria
Monarda
Rosmarinus
Ruscus aculeatus
Salvia
Scrophularia
Stachys
Symphytum
Thuja
Usnea
Verbascum

Première partie :
• Placez la plante séchée et broyée dans un grand bol ou un saladier. Supposons que nous avons 200 grammes de plante séchée.
• Ajoutez la moitié de cette quantité en poids d’alcool pur. Pour notre exemple, ajoutez 100 grammes d’alcool.
• Mélangez bien et laissez reposer 2 heures dans le saladier couvert.
◦ Il n’y aura pas assez d’alcool pour tremper le marc, il sera humidifié tout au plus, ce qui est l’effet recherché – nous ne voulons pas démarrer une macération.
• Remuez 2 ou 3 fois pendant ces 2 heures, afin que l’alcool soit bien réparti sur tout le volume de la plante.
Dans cette première partie, l’alcool pur commence à extraire les composants de la plante.
Deuxième partie :
• Au bout de 2 heures, placez la plante humidifiée par l’alcool dans un blender.
• Rajoutez dans le blender 7 fois le volume de plante en huile d’olive. Pour notre exemple, 200 x 7 = 1400 ml c’est à dire 1,4 L.
• Faites tourner le blender jusqu’à ce que le mélange devienne tiède ;
• Pressez comme expliqué dans le chapitre précédent ;
• Si le mélange a toujours une petite odeur d’alcool, laissez reposer l’huile 24 heures dans un récipient le plus large possible (afin de maximiser le contact avec l’air) en venant remuer de temps en temps. Le reste d’alcool devrait s’évaporer rapidement.
• Mettez en bouteille, étiquetez et rangez dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière.
Notez que le macérat huileux de millepertuis doit être préparé par macération classique ou à température contrôlée – la chaleur améliore définitivement le résultat final. La méthode par intermédiaire alcoolique ne donne pas les meilleurs résultats.

Macération de plante fraîche

Certaines plantes perdent rapidement leurs propriétés lorsque sèches. Mais comme expliqué précédemment, les risques de fermentation et de rancissement augmentent considérablement. Comment faire ?
Si vous voulez réaliser un macérat huileux de ces plantes là, procédez de la manière qui suit. Ceci s’applique aux plantes telles l’arnica ou le millepertuis.
• Pour minimiser les risques de fermentation de l’huile, faites d’abord sécher le plus possible la plante mais pas complètement. La plante sera alors fripée, mais toujours humide. Elle ne s’effritera pas au toucher. J’utilise le terme “plante quasi fraîche” pour ce cas de figure.
• Suivez ensuite la méthode “macération à température contrôlée” expliquée plus haut. La température constante autour des 40°C assure l’évaporation douce mais constante de l’humidité restante pendant la période de macération.
Sinon, vous pouvez faire une macération classique suivie d’une étape de décantation. Si vous voyez de l’eau, même si c’est une fine couche, accumulée au fond du bocal, il faudra l’évacuer en récupérant l’huile sur le dessus (délicatement à la louche, ou en siphonnant l’huile dans un autre récipient).

Conservateurs

Certaines personnes rajoutent des conservateurs dans leurs huiles pour les garder le plus longtemps possible. Voici les deux conservateurs les plus utilisés :
• La vitamine E, qui est un antioxydant protecteur et qui se trouve sur internet en petites capsules de 200 IU ou 400 IU.0.2 g (environ 8 gouttes) de vitamine E pour 100 ml de macérat huileux.
• Les huiles essentielles. Certaines huiles comme l’HE de romarin sont des antioxydants très puissants et quelques gouttes par litre de macérat huileux fournira une protection additionnelle contre le rancissement. Vous pouvez rajouter 4 à 6 gouttes d’huiles essentielles pour 100 ml de macérat huileux.

Une bonne huile doit avoir une belle couleur, et surtout un goût et une odeur qui reflète la plante choisie. Une huile de feuilles de consoude sera d’un beau vert foncé. L’huile de millepertuis sera d’un rouge foncé et opaque. L’huile de souci sera d’un beau jaune-orangé.
Faire ses propres macérats huileux n’est vraiment pas sorcier. C’est une très bonne manière de capturer les propriétés de la plante pour une application externe. Mais n’oubliez pas aussi qu’une infusion ou une teinture diluée appliquée en compresses est très efficace.

FIN
1 Comment
  1. Brichard

    August 14, 2017

    Bonjour,
    Je suis une femme de 68 ans malheureuse de ne pouvoir chanter.
    Je crois comprendre que, en tant que “singing therapist” vous pouvez peut-être faire quelque chose pour moi.
    Est ce exact ?
    Je vous souhaite une bonne journée.
    Odile brichard

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