Community

Des moyens pour communiquer en collectif

Written by on March 27, 2018

Chez les Moustaches, nous sommes toujours à la recherche de moyens intelligents et efficaces pour communiquer. Il y a bien sûr la CNV (communication non violente ou comme je préfère l’appeler, communication consciente) avec laquelle nous avançons progressivement vers plus de compréhension (de soi comme des autres) et des relations plus saines et authentiques, et il y a des trucs et astuces glanés sur la route, comme celui dont je vais vous faire part et qui m’a été transmis par une amie qui est passionnée des communautés/collectifs et plus particulièrement de leur fonctionnement organisationnel.

Elle me parlait alors d’une communauté américaine dans laquelle ils ont instauré un “rituel” régulier pour désamorcer les tensions dans le groupe et pouvoir échanger sur des sujets délicats sans partir au quart de tour. C’est très simple et vraiment facile à mettre en place, seule la motivation et l’envie d’aller un peu plus en profondeur sont nécessaires.

Ce “rituel” est intéressant dans le sens où il diffère un peu des cercles de parole et de ressenti que nous connaissons habituellement, dans lequel le groupe est réuni dans son ensemble et où chacun peut prendre la parole successivement (ou pas) afin d’exprimer en quelques mots (ou plus) son état intérieur du moment, ses émotions, ses réflexions profondes. Ce genre de cercle est très bien pour pouvoir situer chaque personne, où elle en est intérieurement, afin de pouvoir l’aborder par la suite en conséquence.  Par contre, il ne permet pas forcément de parler de problèmes vécus avec une ou plusieurs personnes en particulier, car cela ne regarde pas toujours tous les membres du groupe. Ainsi, certaines tensions peuvent être présentes, latentes, sans jamais être exprimées de manière calme et claire (oui parce que parfois, ça pète d’un seul coup juste parce que quelqu’un a laissé quelques miettes sur la table de la cuisine, résultat malheureux d’une accumulation de tensions non exprimées…) et sur le long terme, ça fait des couacs.

Voila donc le principe : tout le monde est rassemblé soit dans  une grande pièce ou dehors dans la nature  si il fait beau, il est possible de faire passer un peu de musique calme histoire d’apaiser l’atmosphère également. Les personnes sont assises, réparties dans l’espace de manière à ce qu’elles ne soient pas trop proches les unes des autres, et ont devant elles un petit objet de leur choix. Si l’objet demeure devant elle, cela signifie que la personne est disposée à recevoir quelqu’un en face d’elle pour échanger. Si elle tient l’objet dans sa main, c’est qu’elle a besoin d’être seule. Chacun peut donc aller vers la personne de son choix, et s’assoir en face d’elle. Il est important de commencer le dialogue par quelque chose de positif et d’encourageant, la première étape consiste donc à dire à la personne ce que l’on aime, apprécie chez elle. Cela installe la confiance et l’intention partagée de maintenir de bonnes relations, de nourrir les graines d’amitié et de joie. La deuxième étape est plus délicate et demande tout de même quelques rudiments de communication non violente. Il s’agit d’exprimer ce qui est difficile pour nous dans la relation avec cette personne, notre ressenti, nos émotions par rapport à une situation donnée. Il est alors très important de ne pas porter de jugement et de toujours parler à partir de nos émotions et besoins : “Quand tu as dit ou fais cela, je me suis sentie…parce que j’ai besoin de…est ce que la prochaine fois tu pourrais…suivi d’une demande claire”. Ça c’est le schéma classique, à chacun après de le moduler avec ses mots. Si vous n’êtes pas du tout familier avec cet outil, je vous invite à vous renseigner au moins un minimum, il permet de désamorcer bien des conflits et de communiquer de manière beaucoup plus consciente en prenant responsabilité des émotions que nous vivons et de nos besoins (et contrairement à ce que pensent certaines personnes, il permet d’exprimer absolument TOUT ce que nous ressentons, comme la colère ou la frustration).

Lorsque nous avons fini de parler (la personne n’intervient pas lorsque nous nous exprimons) notre partenaire peut soit répondre à ce que nous venons de dire, soit garder le silence. Lorsque l’échange est terminé, nous pouvons soit aller nous rassoir pour recevoir quelqu’un en face de nous, soit passer à une autre personne.

Dans notre collectif, nous nous faisons souvent la réflexion qu’il n’est pas évident de trouver un moment approprié pour parler en profondeur de quelque chose qui nous touche avec quelqu’un, et nous avons tendance à repousser ce moment. Évidemment, l’idéal serait de partager presque instantanément (avec un petit temps de décalage tout de même si la colère est vive afin de pouvoir parler calmement) ce qui nous traverse, mais en attendant que cela devienne plus naturel, ce rituel est je pense un bon moyen d’instaurer de bonnes habitudes de communication et d’apaiser des tensions qui seraient peut-être étouffées en l’absence de moments de partage de ce genre. Ces moments permettent aussi de réaliser que nous pouvons partager ce qui nous touche dans la douceur et la confiance, assurés que nous allons travailler ensemble à rétablir la paix dans la relation. Au final, nous cherchons tous à vivre ensemble de la manière la plus harmonieuse possible, et bien que les tensions soient inévitables car nous avons tous des besoins à nourrir et des blessures encore  à vif, le fait de le partager nous permet de nous comprendre mutuellement et de nourrir notre besoin fondamental de contribuer au bonheur de l’autre.

Voila, en espérant que cela pourra vous être utile si comme nous vous vous lancez dans l’aventure palpitante du collectif, quelque soit sa forme!

 

 

FIN

coincident

Occurring or operating at the same time.
co-occurrent, concurrent, simultaneous
Subscribe to Newsletter

March 1, 2018

April 15, 2018